Télétravail, une pratique professionnelle pertinente ou dépassée ? - Colloque Murat - 30-08-2011

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Télétravail, une pratique professionnelle pertinente ou dépassée ? - Colloque Murat - 30-08-2011


Avec la rencontre de Murat le télétravail retrouve l’actualité. Ci-dessous quelques repères suggérés pour approfondir et contextualiser le sujet en référence à : son histoire, les jeux d’acteurs, sa situation en milieu RH, les mutations des organisations, les valeurs et employabilités dans les territoires d’accueil, la prégnance des extensions urbaines, la relation à la distance amplifiée par le net.
Le télétravail est fait certes de réalités tangibles et d’espoirs dans une croissance à retrouver et un développement à forger localement ; mais aussi d’effets de mode, de faux fuyants, d’argumentaires insuffisamment étayés… A chacun(e) son opinion…

Cliquez sur les onglets ci-dessous pour accéder à l’intégralité des paragraphes


Que véhicule le télétravail comme création de valeurs ?

  • L’économie des activités télétravail, télécentres…
    Un sujet trop souvent omis / occulté en termes de création de valeur locale via les activités du télétravail. Quel « retour sur investissement » peuvent escompter les collectivités comme les entreprises qui se lancent dans cette forme de travail ? Les développeurs et acteurs locaux ont-ils oublié le calcul économique ?
    • Rentabilité du télétravail en valeur ajoutée financière pour les communes et les entreprises.
    • Contribution au développement local des territoires : accroissement de la consommation locale, activités de lobbying professionnel, démultiplication des réseaux locaux, diversification réelle des filières locales - à voir bien sûr la plus ou moins grande « richesse » selon le type de métier / fonction exercé en télétravail.
    • Equilibre économique ou non des télécentres, espaces de coworking… Que rapporte réellement 100 € investis par l’action publique pour faire venir un télétravailleur ?
    • Productivité accrue pour les entreprises ou fragilisation du management même à l’heure du collaboratif ?
    • Réduction des charges immobilières des entreprises, alors même que de grands groupes (Crédit Agricole, Total…), à l’occasion de relocalisation, encouragent leurs salariés à eux-mêmes se relocaliser à proximité… ?
  • A méditer sur la question de la création de valeur pour ancrer le télétravail en milieu ruralLe futur sera urbain ou ne sera pas . Et les immenses mégalopoles ne s’étendront pas qu’au sol, mais aussi en hauteur. Récoutez l’emmision de france inter avec Thierry Paquot (Philosophe, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris, éditeur de la revue « Urbanisme ») - Julien Damon (Professeur associé à Sciences Po (master d’Urbanisme), Christian Devillers (Architecte urbaniste ) : « Depuis 2008 la moitié de la population mondiale serait urbaine… et en 2050 la tendance on devrait être à 70% (plus par croissance naturelle des populations urbaines que par accroissement de l’exode rural)… Une nouvelle forme de civilisation des moeurs : l’urbanisation… Pour la première fois de l’humanité, nous ne sommes plus des ruraux… Ce qui va changer en 2050, ce sont les usages de la ville… Les Eco-quartiers, une ville de la proximité… pour vivre au quotidien… avec des corridors écologiques… avec des déplacements plutôt choisis que contraints ».
    • En quoi le télétravail en milieu rural est-il une contribution à cette nouvelle forme de civilisation des moeurs, à l’économie, aux valeurs qui la fonderont ?
    • Sur quels services les micro réseaux de petites villes pourraient être pertinents en matière de télétravail en complétant par les aires de nomadismes des télétravailleurs salariés ou indépendants ?

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Quelles proximités entre jeux d’acteurs et activités professionnelles ?

  • Opérateurs télécoms
    Les opérateurs de réseaux et de services numériques ont tout intérêt à voir se développer le sujet et les lieux associés type télécentre / co-working. Surtout en milieu rural pour créer une partie du trafic numérique professionnel avec le soutien des collectivités.
  • Télétravail ou / et Nomadisme
    Aucune réflexion sur le télétravail ne peut occulter la double question du nomadisme et de l’explosion / implosion des organisations publiques et privées en micro-unités autonomes et distantes… Ce que certains grands patrons et DRH ont bien compris (Relire notamment les Cahiers de la Prospective RH N°1 - Cf in Regards sur la journée : « Quelle organisation du travail pour demain ? » - Conférences Formation Prospectives La Tribune).
    Sans oublier les bouleversements majeurs de l’internet des objets via l’implantation des objets communiquants dans les processus de production ; et le lien avec l’employabilité et surtout la capacité entrepreuneuriale des habitants d’un territoire… Ceci conduisant à une réinterprétation essentielle pour la performance des entreprises quant à leur (de/re)-localisation et àux modalités juridiques de travail (évolution du cadre juridique du salariat et des clauses contractuelles avec les fournisseurs).
  • Existe-t-il un lobby du télétravail ?
    L’article d’Arthur Devriendt Le télétravail : échec du « lobbying » ? situe pour partie le sujet en brossant l’histoire en résumé. Gérard Vallet ANDT a raison de mentionner l’oubli de son rôle. A voir aussi la question d’études sur le sujet, type Datar dont le résultat n’a pas été rendu public.

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Les réalités du télétravail sont-elles tangibles ?

  • Incidences environnementales
    Que tout devienne « green » traduit bien la prégnance du langage et des modes, sur le fond des réalités.
    Il y a peu d’investigations locales sérieuses, rigoureuses et argumentées, sur le bénéfice environnemental induit du télétravail. On peut citer, comme un effort d’analyse l’étude Syntec « Le télétravail au service du développement durable : tiercé gagnant » - Pdf ici ; même si l’investigation n’est pas désintéressée pour les acteurs informatiques ; et si le raisonnement global et mécaniste sur les bienfaits est privilégié.
    A voir les réalités dans des pratiques locales et dans un contexte de renforcement de l’urbanisation (cf ci-dessus) :
    • Réduction de l’empreinte carbone sur les territoires locaux du côté de la mobilité : la vie en milieu rural génère des déplacements privés ou professionnels dominés par la voiture et non par les TC de la vie urbaine. Et le télétravail ne signifie pas : ne jamais voir ses clients de visu !
  • Fonctions et métiers concernés Le secteur du télétravail au sens large (salarié et indépendant) concerne peu les fonctions managériales d’encadrement et peu les chaînes de productions industrielles (en attendant peut-être le large déploiement des fermes industrielles pilotées à distance par les objets intelligents). Le télétravail concerne plutôt des activités de services à plus ou moins grande valeur économique, autour de ce qui est traitement de l’information ou les flux du secteur consultation / expertise. Cela est-il suffisant pour le développement économique local des territoires ?
  • Bien-être du salarié
    • Amélioration de la productivité des télétravailleurs (meilleur rendement, modification du lien hiérarchique conduisant à des rapports plus efficaces… Pas si sûr lorsque le manager n’a plus ses collaborateurs au bout du couloir… ou lorsque le télétravailleur doit appréhender sa relative autonomie) ?
    • Isolement du télétravailleur par rapport au vécu collectif de visu des grandes organisations ?
    • Via les télécentres, mise à disposition de solutions techniques plus performantes que celles du marché « particulier » ; alors même que le Cloud Computing comme les tablettes sonnent la mort de l’odinateur chez soi… comme au bureau ?

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Le Télétravail : une fausse ou une bonne idée pour la croissance et le développement des territoires ? - Pas d’échanges et de débats sur le fil twitter !

  • Coût des télécentres
    • Dans Etude Macéo Télétravail que signifie « Développer des télécentres publics à coût zéro » ?
      • Réponse sur Twitter « Le développement du télétravail »à coût zéro« , c’est réutiliser l’existant via la mise en réseau des ressources publiques. »
        => Formulation pour le moins surprenante… cela sous-tendrait que l’usage d’un existant est à coût nul et que la mise en réseau est un acte sans valeur donc sans coût… Négation de l’économique ?
  • Fin du colloque à midi
    • Finalement le fil twitter s’est résumé à une série d’annonces plus ou moins institutionnelles… et un discours top down. Vraiment dommage de ne pas débattre davantage de ce sujet important.
  • En résumé, un colloque (terme non adéquat, plutôt une rencontre ciblée), peu utile pour mieux approfondir le sujet. Principalement cantonné à un plaidoyer pro domo y compris dans les vidéos proposées rappelant les thèmes classiques positifs ou interpellatifs du télétravail.

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le 30 août 2011 par Jacques Chatignoux Opérateur
modifie le 4 septembre 2011

Notes

[1] « Si un lieu peut se définir comme identitaire, relationnel et historique, un espace qui ne peut se définir ni comme identitaire, ni comme relationnel, ni comme historique définira un non-lieu » - Relire « Non-Lieux, Introduction à une anthropologie de la surmodernité » par Marc Augé, Ed. Le Seuil 1992

[2] Relire « Les enjeux de la GRH pour la décennie 2010-2020 » : « On va vers de l’achat de compétences sur base de contrats d’objectifs ou de temps passé, bien au-delà des stricts métiers du conseil… Il en résultera une flexibilité d’organisation qui rejaillira sur l’organisation du travail par la réelle émergence du travail en réseau hors toutes notions de territoire ou de proximité… surtout avec les comportements et attentes des générations montantes. »