Télétravail : deux siècles en arrière pour le salarié, flexibilité et rentabilité pour l’entreprise… Quid de l’urbain et de la localisation des activités ?

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Télétravail : deux siècles en arrière pour le salarié, flexibilité et rentabilité pour l’entreprise… Quid de l’urbain et de la localisation des activités ?

Le rapprochement entre les articles suivants invite à évoquer ce titre…

  • Travailler autrement pour travailler mieux (Geert Degrande)
    • « Je suis convaincu qu’il ne suffit pas de vouloir travailler autrement pour améliorer nos modèles d’organisation. Il faut plutôt retourner le problème et adopter une autre organisation afin de mieux travailler. »
    • « le télétravail représente un bond de deux siècles en arrière, lorsque le lieu de travail coïncidait avec le domicile »
    • « Lors des recrutements, les entreprises vont devoir accorder plus de place à la diversité, afin de s’entourer de profils très variés. Les chefs d’entreprises devront apprendre à travailler avec des équipes plus petites mais aussi plus autonomes qui ne seront plus régentées par de fastidieuses procédures. »

Repères

  • A l’heure de l’arrivée des objets intelligents communiquants : la flexibilité doit-elle être réservée aux cadres et professions de services ?
  • Le télétravail, deviendrait-il un nouveau vecteur de buzz, auquel on associerait la dimension vertueuse du cycle de production, y compris dans ses effets potentiels ou avérés sur le développement durable ? Ceci sans oublier le discours sur le « bonheur retrouvé près de chez soi. »
  • Pour le moins, l’évolution progressive vers le télétravail (sans doute une tendance plus lourde qu’il n’y paraît en dépit de l’opposition de nombre de managers…) interroge aussi et plus fondamentalement sur l’organisation urbaine de nos sociétés :
    • Nos territoires recèlent nombre de bourgs et petites villes, qui ne demandent qu’à renaître et à se développer alors même que la culture urbaine énonce de façon rigoriste le « non étalement urbain »… ce qui conduit en partie à étouffer le potentiel de ces unités urbaines ! Paroxisme de la position : on lutte au titre du développement durable sur les effets induits négatifs des conurbations (mobilité, habitat), sans se donner les moyens et la volonté de « penser autrement l’urbain » en fonction des fondamentaux de notre époque…
    • Il reste fort surprenant qu’à une économie de création de valeur en réseaux… ne corresponde pas davantage une organisation urbaine en « tissus-réseaux » de petites villes… produisant de la valeur sociale de notre temps. Il fût pourtant une époque où même la Datar parlait de réseaux de villes ! Dans les faits, nombre de territoires sont aujourd’hui confrontés à des questions de cohérence et surtout d’articulation entre les pôles urbains structurants… Une voie royale pour le télétravail ?
    • Nos urbanistes et gouvernants, au-delà des discours semblent peu à même de penser « culture réseaux » et surtout de s’y projeter. Pourtant à toutes les époques, les modalités de l’urbain ont bien été influencées par l’organisation des systèmes de production économique de valeurs !
    • Fort surprenant ce décalage , alors même que les grandes enseignes de la distribution s’engagent dans la reconquête des petites unités de distribution en centre ville, ou en proximité des quartiers… Relire l’enquête Ipsos sur le retour du local et des marques régionales : La distribution de proximité et les marques régionales.
    • Oubliée aussi par les urbanistes et aménageurs, la question du devenir de la localisation des activités de notre époque numérique, non plus dans des bassins d’emplois, mais dans des territoires d’employabilité… pouvant être découplés d’avec les territoires géo-politiques…
  • En termes de management, la question est bien « d’adopter une autre organisation » comme le dit Geert Degrande, et non de se cantonner à modifier les modalités de travail en déployant plus ou moins le télétravail.
    • Sur ce point, y aurait-il un grand silence intellectuel des chercheurs et des consultants en management souvent peu à même, en période instable, d’explorer de nouveaux marchés et concepts ?


le 18 mars 2011 par Jacques Chatignoux Opérateur