Télécentres - Richesse des villes - Pauvreté des champs… Nouveau jeu du Qui Perd Gagne ?

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Télécentres - Richesse des villes - Pauvreté des champs… Nouveau jeu du Qui Perd Gagne ?

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Dans un article court « L’Etat au chevet des télécentres - L’échec du télétravail n’a pas découragé ses promoteurs. ils cherchent à le relancer en ville » des Echos du 5 mai, la journaliste C.Sabbah donne quelques repères méritant débat et mise en perspective en rapprochant d’autres tendances d’aujourd’hui.

  • « Installer des télécentres le long de la ligne A du RER éviterait d’avoir à doubler cette infrastructure et économiserait beaucoup d’argent » D.Guilbard (responsable développement durable d’Orange.
    • => A nouveau un lien non argumenté sur la relation entre développement durable et télécentre… mais un discours dominant à l’heure des recherches d’économie de coût dans le déploiement physique des réseaux numériques.
    • => Hors ce type d’argument, en mobilité nomade, l’important est d’avoir des lieux de convivialité (ces bistrots (cf la bonne initiative de celui de la Guillotière) , place de marché…) et pas uniquement ces « nouveaux tiers lieux » bien rangés et censés apporter la panacée au télétravailleur mobile…
  • « Développer (ces télécentres urbains) via des projets immobiliers portés à la fois par les collectivités et des investisseurs privés, des promoteurs, mais aussi les groupes fournissant les tuyaux »
    • => Confirmation de la remarque précédente. Les opérateurs réseaux numériques comme les opérateurs immobiliers voient là un simple relais de croissance dans une modernité à faible valeur ajoutée (ce qui rapporte aux opérateurs, c’est l’acquisition de nouveaux clients… or le coût en est élevé). On est d’abord, dans une opération de « captation » de clientèle.
      Plutôt en décalé alors que la plupart des services sont déjà disponibles et vont s’accroître en mobilité. Ne pas oublier que les opérateurs de réseaux sont perdants sur la création de valeur ajoutée… aujourd’hui fournie et accumulée par les opérateurs de contenus dont l’exemple le plus frappant est la domination de Google et d’Apple…
    • => Que les collectivités urbaines ou péri-urbaines soient toujours avides de projets censés nourrir les dynamiques urbaines et les services d’une époque… soit ! Mais, si cette démarche « le long de réseau de mobilité physique » se confirme, les collectivités devront probablement trancher ou bien articuler, avec les autres opérations orientées davantage quartier de la création numérique ou plus, comme sur Paris, Nantes, Lyon
  • « A l’exemple de la centaine de centres ouverts aux Pays-Bas : de telles installations pourraient être rentables sur 1.000 mètres carrés, avec 70 à 120 entreprises membres utilisant cinq heures de visioconférence par semaine, pour un coût de fonctionnement annuel de 1 million d’euros. »
    • => Plutôt surprenant que les Opérateurs de télécoms ne transforment pas leur boutique en café - boutique avec contenu, animation… maillant déjà parfaitement les territoires urbains. Conjointement notons que les Apple Store ouvrent dans de nombreuses villes… aux principaux lieux d’interconnexion urbaine et sociale … Le match est engagé… la question restant de savoir qui va empocher la manne ?
    • => La question demeure de la valeur ajoutée sociale et économique pour les collectivités parties prenantes ; alors même que se déploient de plus en plus des postures autour de la « créativité » quasiment rangée au niveau des fonctions urbaines ! Villes créatives : une nouvelle utopie ?, sans oublier les initiatives ici et là d’internautes qui localement souhaitent déployer des lieux de co-working.… Doivent-ils à peine émergé… laisser la clé sous la porte ?

Et si l’on jouait au Qui Perd Gagne ?
Le but du jeu n’est pas de mater, mais de ne plus pouvoir jouer (cf ci-dessous les liens suggérés sur le jeu). On peut se demander, si les acteurs ruraux qui encouragent les télécentres (plutôt sous « perfusion publique »), n’auraient pas intérêt à Ne Plus Pouvoir. C’est à dire à se situer non comme des « Looser », mais d’abord des Malins jouant la tactique du perdant… tout en « cachant leur jeu » :

    • Investir dans les télécentres urbains, pour capter une partie de la valeur, en regardant non le territoire de proximité mais le lieu du marché de la valeur !
    • Encourager les internautes ruraux à construire autour du télécentre rural une véritable entreprise économique viable ; et pas simplement une logique plus ou moins associative… sans risque pour les télétravailleurs… Le constat de l’étude de B.Moriset (Repères interrogatifs sur le déploiement de télécentres par les élus ruraux) est plutôt sévère pour ce type d’action de consommation passive.
    • Changer radicalement de posture en reprenant l’offensive envers le discours urbain. Par exemple en affirmant que Non, le rural n’est pas favoriser l’étalement urbain… c’est au contraire dans une époque numérique de mobilité, un gage sérieux de développement local et d’équilibre / équité des flux dans un territoire. Reste à trouver sans doute un bon équilibre entre deux discours : Le Bouclier Rural, Pour une égalité réelle entre les territoires et comme le dit un élu « l’apartheid territorial » - Maires ruraux et urbains se brouillent sur la péréquation.
    • Redonner de la crédibilité au discours d’une époque, celle de Jean-François Gravier, sur le « Désert Français ». Cf une analyse intéressante de Olivier Bouba-Olga, justement sur la création de la valeur via la productivité Recherche publique : Paris et le désert français ?. A voir si les associations de maires ruraux et les chercheurs seront capables d’apporter à la réflexion et au débat public sur la création de valeurs, une matière suffisante et argumentée pour contrecarrer les discours dominants sur le « bonheur urbain… sans le savoir », en adoptant la posture du « perdant malin »… qui en stratégie militaire assure le repli avant la contre-attaque ou évite d’être à découvert.

A lire pour interagir avec le sujet et situer le contexte




par Jacques Chatignoux Opérateur le 6 mai 2011
modifie le 6 mai 2011
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