« Read / Write City » : Lire et écrire la ville avec ses habitants - Quels enseignements pour la GRH numérique ? - Repères

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« Read / Write City » : Lire et écrire la ville avec ses habitants - Quels enseignements pour la GRH numérique ? - Repères

Quels peuvent donc être les liens & enseignements entre les outils numériques de conversation / expérimentation / dialogue autour des questions de démocratie urbaine, d’interaction sur la gestion de la ville au quotidien ; et les pratiques RH dans l’entreprise. L’un comme l’autre « travaillant l’homme et son devenir ».
Les mutations en cours sur ce sujet partagé par des citoyens et personnes engagées peuvent-ils innerver les pratiques d’une GRH dans la tourmente du numérique….
Au cours de cette conférence du 4 octobre dernier, dans la cadre « Démocratie en réseaux » (Artési Île-de-France, Agora Nanterre), une bonne diversité d’expériences et outils présentés avec un champ de questions ouvertes… mais finalement assez peu en interaction avec la démocratie urbaine en tant que processus de choix et de décisions. Cf aussi ci-dessous des points importants non abordés. Merci en tout cas pour la qualité de l’accueil à l’Agora. Les participants tous plus ou moins afficionados, voir geek des questions numériques auraient pu décevoir face aux certitudes en la matière… et ce ne sont pas les quelques élus ou hommes de l’art présents qui suffisaient à me rassurer. Satisfait pour le moins d’avoir côtoyé des interlocuteurs honnêtes et loyaux dans leur présentation, même si des questions importantes demeurent.

Cliquez sur les onglets ci-dessous pour accéder à l’intégralité des paragraphes.


. :: Quelques repères sur la rencontre « Read / Write City » ::.

Pour l’introduction , dommage de n’avoir pu être présent lors des interventions de Gérard Perreau Bezouille , 1er adjoint au maire de Nanterre en charge de la Délégation Vie Urbaine sur « Les usages d’internet dans les démarches de concertation autour des projets urbains à Nanterre et le projet de Fabrique Urbaine » ou encore, les présentations de Caroline de Francqueville – Chronos | DoItCity, Thierry Marcou – Fing | CitéLabo et Fabienne Guibé – Fing | InnovationsDemocraTIC

Sur « Lire et écrire la ville avec ses habitants : les enjeux actuels du développement de la démocratie locale, du dialogue urbain et de la participation citoyenne ? Quels sont les apports et les limites des usages numériques pour soutenir ce développement ? » (animée par Jacques-François Marchandise)

  • Pascal Aubert – ADELS . Intéressant rappel sur : les objets mis en débat et la faible partie de la population se sentant concernée par les questions urbaines. On reste plutôt sur des démarches classiques d’appropriation des projets urbains avec une grande absence : la question du,pouvoir sur les enjeux fondamentaux. Les politiques publiques se défiant des initiatives citoyennes ou essayant de les récupérer. Certes les outils numériques font gagner du terrain et la société n’attend pas les politiques.
  • Stephanie Wojcik – Université Créteil . Interrogation sur l’absence de phase de généralisation des expérimentations.
  • Florence Durand Tonnare / Ville internet . L’apport des outils visent au renforcement des instances participatives, la mise en ligne de délibérations, de videos, l’évolution des enquêtes portant davantage sur les besoins… Cela ne modifie pas autre chose que les modes d’organisation ; ne concerne souvent que les fanas d’internet, avec les freins habituels liés aux manipulations informatiques ou à la condition de pauvres. Absence aussi sur l’éducation… sur le bon usage des medias… déperdition de la médiation numérique et solidarité dans les territoires.
  • Echange avec les participants  :
    • Mention du découplage de maturité entre ceux qui gouvernent et ceux qui s’expriment…… interpellant sur une révolution de la gouvernance.
    • Rappel sur le fait que le réseau internet est a centré… Comment les systèmes numériques peuvent-ils alors construire de la démocratie numérique dans un contexte géopolitique centré.
    • Absence de volonté pédagogique et de partage des connaissances de la part des hommes de l’art : architecte, urbaniste… rendant fort difficile le dialogue avec une population peu au fait des questions urbaines.
    • Décalage culturel dans les territoires d’action avec des élus agissant dans l’espace géoplolitique… cf aménagement numérique des territoires , alors que ce sont les territoires numériques (réseau, communautés) qu’il faut prendre en considération, dont les échelles et frontières sont plus malléables et fugaces.
    • Comment favoriser cette capacité d’attention des citoyens et l’économie associée ?
    • Dans les effets leviers ne pas oublier les dispositifs artistiques… l’imaginaire…
    • Quel peut être la force d’interpellation !

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Coups de projecteur et conversations autour de 6 initiatives (1re vague)

  • Sabine Romon – Paris Région Innovation Lab | Mobilier Urbain Intelligent ou sur La Ville de Paris présente 40 projets de mobilier urbain intelligent . Décrit un ensemble de dispositifs numériques, insérés dans la ville, plus sur le mode lecture que d’interaction avec les usagers. Démarche portée par la direction du développement économique pour favoriser l’innovation. Seuls les porteurs de projets financent l’opération. La ville met à disposition le terrain de jeu.
  • Hugues Aubin (remplaçant Richard Delogu) – Bug | Wiki Rennes + La Ruche - les slides . Le réseau social qui n’a rien à vendre. Objet : relier par un réseau social local les gens avec des fonctionnalités et des besoins courants… en rassemblant associations et collectifs informels. La folksonomie permet de voir le nuage des mots reflétant la préoccupation des 2200 compte actifs . Nombreux événements présentés par les membres et témoignant des usages. Financement par les activités de Bug. Action en indépendance et usage de briques logiciels libres.
  • Bruno Caillet -Agence Le Hub | Là pour toi +Ludigo . Objectif : produire un espace social mesurable sur un territoire - La Défense - qui fait 180.000 âmes. Un système d’échanges locaux autour de besoins permettant l’accès à un système de productions locales. Le tout en se connectant à des savoirs et des réseaux existants. 1200 personnes identifies. 90 ambassadeurs. 13 coproductions sur le trimestre et 38 en cours… dont hospitalisation a domicile à condition de mettre en réseau les acteurs de soins.
    Enseignement : il faut réfléchir à la complexité du territoire ; et travailler avec les acteurs publics qui doivent penser autrement leur territoire. Les actes de production doivent se déployer sans être forcement en revendication. Quid des gens de passage ? Résoudre la question du droit du robot à intervenir sur l’espace public.
  • Alain Renk – UFO | Villes sans limite . Villes numériques et urbain… le grand basculement. Part d’un exemple situant bien le différentiel de discours et de compréhension entre service mobilité durable (quelques mails) et service aménagement numérique du territoire (usages des réseaux sociaux)… face aux récriminations d’une population confrontée à un nouvel aménagement. Le maire organise « la connexion » entre les services… mais que dit-on alors aux gens des réseaux sociaux ?
    Il faut construire des passerelles … car le numérique détruit et construit a la fois… construire de l’intelligence collaborative… passer d’une vision propriétaire de l’urbanisme a une vision ouverte.
    Ville sans limite, c’est faire son propre montage visuel de la ville… mettre entre les mains des gens des outils de choix et récapituler les regards des autres… montrer que l’urbain c’est plastique et après on peut faire un jeu de rôle…
  • Marianne Duffet – Vivacités . S’appuyer sur le réseau éducatif, croiser praticiens et porteurs de projets… situer les balades urbaines sur un environnement quotidien. Un outil d’immersion pour les jeunes… Utiliser la géolocalisation, lier a la restitution / valorisation de la balade… Faire le lien entre médiation numérique et création.
  • Erwan Mahe – Artefacto | La Courouze RA + Berges de seine . Balade interactive sur le projet urbain. Présenter des fictions augmentées d’architecture via un dispositif immersif et ludique. En arrière plan support d’une plateforme de réalité augmentée. On superpose du virtuel sur du réel, avec des précisions de 5 à 10m dans l’incrustation.
  • Echange avec les participants  :
    • Ce sont plutôt des systèmes d’écoute des gens… des sondages visuels.
    • La question du regard de l’interlocuteur… Dans la réalité augmentée il est passif !

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Coups de projecteur et conversations autour de 6 initiatives (2e vague)

  • Matthieu Savary – User Studio - Slides  . Interaction outil et méthodologie en termes de concertation urbaine pour aboutir à de la co-création avec les habitants. Axes de la plateforme d’innovations : s’imprégner du territoire (carte des observations) - via des ateliers créatifs faire accoucher les idées des habitants - définir une phase de prototypage rapide.
  • Denis Fevrier La Netscouade | Beecitiz . Les citoyens au service du public : visualiser , déclarer des incidents - traiter et communiquer via connexion sécurisée et une gestion des tickets - possibilité de réorienter les demandes d’infos selon besoins - main courante électronique. Le dialogue n’est pas créé par le système se bornant à faire remonter des requêtes. C’est un outil qui affecte à chacun son rôle.
  • Carol-Ann Braun – Concert Urbain | Dring 13 et 93 . Vise l’expression publique des habitants. Comment une idée survit. Se situe entre une recherche en art, un prototypage, des institutionnels, une association. C’est une mosaïque interactive… avec un équilibre entre urgence, légitimité, pouvoir. On écoute, on témoignage et on vote ce qui donne un positionnement… on ouvre sur l’espace public avec des créatifs, des acteurs… puis nouvelle itération…. la parole n’est pas obsolète. Importance de la question de l’éthique.
  • Jean-Jacques Terrin -Ecole d’Architecture de Versailles | IP City . Explorer les conditions dans lesquelles les techniques de réalité mixte peuvent s’inscrire dans des environnements urbains. Présente panorama jour / nuit et projection verticale. Multiplier les prises de vue en temps réel avec des murs interactifs pour manipuler les représentations. Elaborer des scènes réelles. Méthode de design participatif avec un panel. Les images sont redessinées pour être des matériaux de qualité. Favoriser le coté ludique. On est dans la conception de la conception avec des visions du projet aidant à : comprendre les évolutions sociales, évaluer les comportements, produire des scénarios, travailler in situ.
  • Hugues Aubin – Rennes | Gulliver + SMS Wall + Forward to the past - Slides . Un gros plan sur quelques projets innovants rennais en cours en octobre 2011 : Twitter/SMSWall - Promenades urbaines augmentées - Forward to the past - PUMDP Rennes Flow - Condate - Culliver Maurepas 2 - Rennes Ex.
    A creuser dans la diversité, avec effervescence d’une société civile locale plutôt puissante. La ville est tournée vers l’expérimentation d’usage et l’ouverture des données géographiques à booster [Avec des interrogations sur le positionnement : L’Open Data est-il une idée de gauche ? ]], avec une volonté de densifier l’info dans les quartiers. On travaille aussi sur des sites non internet avec des dispositifs dans lesquels on peut réunir les gens physiquement. On est stimulé en permanence.
  • Ullrich Fischer | Walking the edit + Memoways . Point de vue du cinéaste, faire des liens entre des données audiovisuelles… En marchant… interface avec un moteur de montage en temps réel, suggérant des images et procédant par filtrage… sur la base d’interactivité entre le cheminement et les méta données des images. Après on peut voir ce qui a été écrit dans le territoire. On bouge dans le film… et en même temps sur le territoire. La forme du,parcours ressemble à la forme du film. C’est un film que l’on entend chemin faisant. Il y a une relation sensible aux données… Il s’agit de raconter une histoire par plein d’autres.
  • Echange avec les participants  :
    • Quid dans l’approche design articulant : dessin / dessein ?
    • Le dessein des collectivités se résumerait-il par ex à agir sur la biodiversité ou l’insertion des jeunes via des dispositifs de jardins familiaux en bas de tours ?
    • Quel est le dessein des outils présentés ?
    • Tous les dispositifs socio-techniques présentés ne sont que des prétextes pour engager le dialogue.
    • On est bien souvent sur de la simple collecte d’infos ou sur du dialogue à trois.
    • Certains outils peuvent être frustrant pour l’usager. Ce ne sont pas des outils de démocratie participative. Pour d’autres, c’est du simple workflow pour une maintenance distribuée.
    • On est dans la recherche / question de la représentativité… en favorisant le lien entre le monde de l’expérience, le monde des architectes, et le monde des usagers.
    • L’intérêt de la techno est de capitaliser, mémoriser l’expérience, permettant de revenir sur ce que l’on a dit. Cela devrait permettre par ex aux gens d’amener des images d’une façon plus riche.
    • Pour certains outils il s’agit moins d’expérimenter que d’innover en continu.
    • Le living lab… c’est plus facile que de la démocratie…

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Table ronde de synthèse : Quelles nouvelles formes de lecture\écriture de la ville se dessinent ? (animée par Jacques-François Marchandise)

  • Emile Hooge - Nova7 - popupcity . Ou est l’enjeu politique ? Ce qui manque c’est la posture de l’élu sur ces enjeux de la médiation numérique. Lire et écrire avec les habitants…. Oui mais c’est avec qui en face… Dans les dispositifs on a une approche segmentée de la médiation numérique. Quel est la place de l’acteur public, en haut, pour cadrer ?
    Deux dérives produites : ne plus avoir besoin des services municipaux ; se limiter à une ville au service des habitants dans une logique consumériste.
    La ville n’est pas simplement une organisation technique… Quelle est la ligne éditoriale que les élus fixent à l’usage d’outil numériques. La ville n’est pas que productrice de services… c’est aussi de la vie, de l’identité…
    Peu d’initiatives qui abordent les outils pour une construction collective publique, par ex en simulation budgétaire de quartiers.
  • Philippe Gargov – pop-up urbain - Folksotopies : des craies pour (d’)écrire la ville . La ville comme espace de médiation, la ville est par nature un espace de lecture et d’écriture. Il faut davantage insister sur ce dernier point plus que sur la consultation urbaine. Est-ce si important de faire intervenir l’habitant ? Ce qui peut être reproché à ses outils c’est de vouloir s’adresser à tout le monde. La ville est forcément un espace de débat… de conversation. On crée de la frustration au lieu de la conversation / médiation. Il faut aussi revenir vers des choses basiques.
  • Jérome Denis – Télécom ParisTech . Dans la concertation … tout le monde n’est pas capable de lire et d’écrire. Il y a d’autres façon de vivre la ville pluralité des acteurs publics.. Toute infrastructure physique crée de l’invisibilité.
  • Echange avec les participants  :
    • Souligné, en conclusion, par Gérard Perreau Bezouille, 1er adjoint au maire de Nanterre : importance de la diversité et ouverture sur les nombreuses expressions et légitimation.
    • Voir aussi restitution vidéo

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. :: Besoins et questions en suspend ::.

Conversationnel numérique [1]

  • Ecrire pour révéler la ville, certes, mais quel rôle de l’énonciateur initial … par exemple sur le « qu’est ce qu’on peut élaborer ? » - Faire le lien avec les propos sur le : qui a-t-on en face pour converser… la question de la posture des élus… ou des hommes de l’art…
  • Converser sous-tend de la confiance : peu de choses évoquées sur les règles éthiques et méthodologiques des outils présentées… et rien sur la question du respect des informations sur la vie privée des gens, collectées éventuellement via leur mobilité.
  • La question du conflit est peu abordée : or la dispute … se battre dans l’espace public… c’est un bon exemple de l’espace public rappelle certains.
  • En quoi ces outils contribuent à identifier les points qui font mal, les zones de controverses d’embarras… hors le consensus global ?
  • Lire et écrire renvoient à des questions de langage… de capacité à converser sur le vivre ensemble… alors que l’on parle sans doute un peu vite de co-conception.
  • Quasiment pas de réponses des outils sur : qu’est ce qu’on fait des clochards, des indésirables ?
  • A voir aussi le rôle dévolu aux séniors, population de plus en plus incontournable. Quelques exemples mais limités à une relation sur la mémoire des époques. Quasiment rien sur l’enjeu de la solidarité des générations, en termes social comme en transmission de compétences / savoir-faire.
  • Ce qui reste entier : la question des passerelles à construire entre des méthodes, une diversité d’interlocuteurs, des outils plus ou moins appropriables.

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Modification induite des organisations

  • Sur n’importe quel service innovant, le stress c’est l’organisation du travail derrière… le changement des cultures…
  • Le potentiel citoyen… interpelle les élus sur leur capacité à engager des modifications organisationnelles lourdes et continues
  • Tous ces outils contribuent peut-être a un processus progressif et latent de subsidiarité publique
  • Les outils apportent des moyens pour faire remonter des informations, préoccupations, suggestions… mais il ne faut pas négliger le présentiel. Cela complète, mais ne remplace pas. Plusieurs outils ou démarches sont sur une logique de pouvoir matcher / coupler les deux.

La question de l’invisibilité

  • Fort intéressant d’évoquer la question de l’invisibilite augmentée en citant par exemple un backoffice d’un outil numérique géré par les citoyens…
  • Utile aussi de rappeler que les activités de « com » des villes peuvent se cacher derrière les questions de représentations.
  • Mentionné aussi le défaut de connaissance par les habitants du : comment marche ma « ville servicielle » ou avec des choix comme : pas de pesticides… induisant certains traitements des voiries…
  • Dur, dur dans ces contextes d’une invisibilité latente de donner au numérique une capacité à échanger des représentations… une capacité sur le partage d’un bien commun… peu tangible.
  • Cela sous-tend effectivement de clarifier le : Pourquoi est ce qu’on veut de la concertation ?
    Cela permettrait probablement de mieux situer :
    • la technicisation de la participation,
    • la question des silos dans l’organisation des services municipaux,
    • la possibilité, dans un monde incertain, d’être partie prenante de notre destin,
    • par les pratiques numériques , une forme de réappropriation du territoire par les habitants.

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Système décisionnel, développement local et démocratie urbaine

  • Dommage de ne faire aucun lien entre les trois expressions…
  • Les outils numériques présentés sont-ils simplement là pour donner le change, tout en offrant des espaces de paroles… des « sas » pour l’expression des habitants… lorsque la coupe déborde ?
  • Cela rejoint un constat de divers participants. Ces outils numériques offrent des opportunités de réclamer, de partager des visions d’espaces, voir d’en construire à plusieurs des représentations… mais sans retour sur l’organisation du système décisionnel de la collectivité concernée… Et encore moins sur l’interaction entre les pistes proposées et la question du développement du territoire.
  • Ces outils semblent prioriser le quotidien et l’événementiel urbain… ou esquisser des représentations / simulations… mais sans interfacer avec les mutations du contexte urbain résultant des pratiques numériques… Par ex délocalisation d’entreprises suite à l’usage intense d’objets communiquants dans le pilotage à distance des entreprises, comme des lignes de production.
  • Il est vrai que la plupart des urbanistes et architectes en libéral ou au sein des collectivités raisonnent d’abord en projection de tendances et non en prospective de mutations profondes. Aujourd’hui, il ne suffit plus de « tracer / quadriller » un quartier, ou la seule représentation d’équipements ou de besoins…
  • Il y a d’ailleurs un grand absent dans l’interface de ses outils : l’intégration de simulations sur des devenirs urbains prospectifs. La démocratie urbaine est aussi une capacité à situer l’avenir lointain et pas seulement une question de conversation sur le quotidien ou sur le projet.
    A la décharge des hommes de l’art et des élus, il est vrai que l’urbain fait l’objet de lobbying intense pour conforter tout ce qui est sur la ville dense, le plus qu’il y aurait dans l’organisation des espaces comme des mobilités en développant par le haut… Est-ce si vrai dans une économie désormais numérique ? [2].
    Mais que peuvent dire alors avec ces outils, des citoyens confrontés localement à la densification de ce que les urbanistes appellent des dents creuses… ou à la mutation de tissus urbains ouverts en conurbations démesurées… même si la vile de demain, dite durable, semble renforcer l’agglomération au détriment de la métropole [3]

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. :: Liens avec les pratiques de la GRH numérique ::.

Préalable : A toutes les époques, les mutations des pratiques et conditions de travail ont bouleversé les configurations et implantations urbaines, les circuits et rythmes de mobilité, les valeurs et modes d’organisations de l’entreprise comme de la société, les facteurs de solidarité professionnelle ou familiale… Ces mêmes pratiques et conditions de travail sont elles-mêmes soumises à l’influence, par mimétisme ou autres, des mutations affectant les conditions et contenus du dialogue social en particulier sur la lecture / écriture de l’espace urbain…
  • Aujourd’hui les mutations numériques frappent de plein fouet les pratiques de travail dans leurs interactions avec un environnement mouvant où clients et usagers interviennent de plus en plus dans un processus d’échange et de construction avec l’entreprise. Cette inter-action interroge sur la capacité des DRH et RRH à être présents, agiles et réactifs sur leur créneau de compétences et de crédibilité, notamment par une vision prospective et d’anticipation. Cela peut conduire à repenser leur organisation et les missions internes / externes, la posture RH afin de créer de la valeur.
  • Si les usagers et clients ne sont pas pris en considération dans cet état d’esprit, par la direction ou les actionnaires… les questions et pistes opérationnelles ci-dessous n’ont guère de sens et l’entreprise peut probablement s’interroger sur sa rentabilité dans notre monde numérique.
  • Mais quelle entreprise refuserait de reconnaître à ses usagers / clients un rôle dans sa réussite ! Certes dans les organisations publiques ou privées, les DRH sont loin d’avoir la place que mérite la reconnaissance de l’humain comme la première ressource de toute organisation ou réseau… C’est dans cette capacité à repositionner en « haut de la pile » la fonction RH dans un contexte numérique a-centré, que les actionnaires et dirigeants peuvent créer de la richesse pour l’entreprise, favorisant une inter-action performante au coeur de son éco-système [4].
  • Les repères ci-après sont d’abord suggestifs, et ouvrent des horizons. Vous trouverez quelques liens ou notes de bas de page, éclairant les sujets. A approfondir, en nous laissant un message : cliquez-ici.

Usagers - Clients… Quelle interférence avec les systèmes décisionnels et l’organisation de l’entreprise ?

  • Si le crowdsourcing permet d’associer les clients à la conception de produits… les pratiques de démocratie urbaine interroge les responsables RH , via la place du client dans la continuité de commercialisation des produits, donc dans l’après… sur les retours sur la performance et la réactivité des organisations… la capacité et l’employabilité des collaborateurs vis à vis des réseaux sociaux. Et plus généralement sur leur capacité conversationnelle
  • Si c’est bien le choc des sensibles, des débats qui font progresser la ville… comment interagir avec l’usager / client du produit pour provoquer du sensible, des échanges faisant progresser l’entreprise. Ceci au-delà bien sûr des seules caractéristiques marketing du produit. Le temps du discours top down semble terminé. Celui du bottom-up du client est en marche ou pour le moins à favoriser comme critère de différenciation.
  • En quoi les entreprises peuvent proposer au client des démarches de type design participatif [5] en associant à la fois les desseins de l’entreprise et le dessin du produit ?
  • Reste bien sûr la capacité des forces vives numériques internes à l’entreprise ou en externalités, à concevoir des interfaces et prototypages numériques aptes à séduire le client ; en particulier du point de vue de l’expérience utilisateur (ergonomie, interactivité, richesse des contenus) si importante dans la réussite d’éco-système créateur de valeur économique. On va alors au-delà de la simple utilisation d’applicatifs « i-bidule ».
  • Dans la signalisation de requêtes à partir des services clientèles ou par observation des réseaux sociaux ou des forums… face à la capacité d’initiative et de réactivité sur internet des clients : quels enjeux d’organisations, de motivations, de valeurs à identifier et piloter par les RH ?
  • Ces diverses pistes sont autant de questionnements et positionnements à personnaliser, cibler selon les produits « physiques » ou les services de l’entreprise qui interagissent avec des usages quotidiens ou qui créent des usages.  

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Territoires d’actions internes et externes

  • Les frontières de l’entreprise sont de plus en plus floues entre les univers personnels et professionnels, comment alors interagir avec des usagers quasiment au même niveau d’influence que des managers ? En particulier du fait du caractère « a-centré » de l’internet.
  • Faut-il nourrir des territoires de marchés en y favorisant l’effervescence créatrice, par ex via du Living Lab ?
  • Où sont les points de conjonction / concentration dans les ballades du changement accompagnant les évolutions dans les cultures d’entreprise ? Comment induire dans le processus de changement, une logique narrative, émotionnelle, subjective… interactive avec le collaborateur comme avec le client ?
  • Le partage d’infos pour le partage, est-ce d’actualité dans les entreprises ou est-il préférable de renforcer la segmentation du partage, en privilégiant la dissociation classique de toute information entre son caractère privé / public / réservé, ou selon les services ?
  • A l’heure de la diversité et de la flexibilité, l’entreprise veille-t-elle suffisamment à utiliser dans les rapports humains et sur ces territoires de marchés, des gammes de registres différents, nourrissant dialogue, débats… ? Sous forme de boutade… le service client est-il après vente… ou « avant vente » ?
  • Alors que des réseaux sociaux d’entreprise se développent… Comment les interfacer avec l’extérieur pour les nourrir des effervescences évoquées autour des quotidiens ou des enjeux la vie urbaine et de la mobilité ?

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Méthodes, Expérimentations, Représentations

  • Si la conversation continue va avec une innovation continue… comment exploiter ces communautés apprenantes dans un contexte de mutation des cultures impulsée par une DRH.
  • La plupart des outils présentés font appel à des représentations visuelles et spatiales de l’urbain. Cela conduit à concevoir des interactions entre ce que l’on peut voir et d’autres images historiques ou futurs des lieux ou des angles de vues… Dans l’entreprise, hormis les visuels statiques ou animés, sur : produits / services, lignes de production et technologies associées, lieux de production ou de commercialisation, leaders de l’entreprise… l’imagerie de l’entreprise peut-elle s’enrichir de représentations invitant à se projeter, à co-produire, à déterminer des valeurs porteuses, à déployer des talents de créativité… Et ceci dans un contexte associant managers / collaborateurs / clients… ?
  • Si aujourd’hui l’hybridation des dispositifs numériques / physiques , créatifs / constatifs, au quotidien / projectif deviennent des références de nos sociétés urbaines… comment en tenir compte en pilotage RH ?
  • Que pourrait signifier aller vers une ère post-média pour la gestion courante des interactions / interfaces entre : actionnaires / managers / collaborateurs / clients… ?
  • Que signifierait une réalité RH augmentée simulant parcours et profil professionnels, contexte physique / relationnel / conversationnel de l’action, en prévision de recrutement, de changement de poste ou lors d’évaluation ? [6]

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Voir en ligne : Programme de la Conférence organisée par L’Artési Île-de-France, en partenariat avec l’Agora Nanterre, 4 octobre, dans le cadre de « Démocratie en réseaux »

le 6 octobre 2011 par Jacques Chatignoux Opérateur
modifie le 28 février 2013

Notes

[1] Cf à l’occasion Vers un management de la conversation… Clic ou Déclic à la Tribune ? 

[2] Relire dans Building 360 / Odebit 2011 / Intelligent Building System… Usagers Oubliés les liens vers l’entretien de la sociologue et économiste américaine Saskia Sassen (Wikipédia), qui introduisait la 3e édition de la conférence Lift France : « Est-ce que la technologie désurbanise la ville ? » ; et dans Télétravail, une pratique professionnelle pertinente ou dépassée ? - Colloque Murat - 30-08-2011 le lien vers « Le futur sera urbain ou ne sera pas . Et les immenses mégalopoles ne s’étendront pas qu’au sol, mais aussi en hauteur ». Récoutez l’émision de france inter avec Thierry Paquot (Philosophe, professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris, éditeur de la revue « Urbanisme ») - Julien Damon (Professeur associé à Sciences Po (master d’Urbanisme), Christian Devillers (Architecte urbaniste )

[3] Cf dernière étude de Mediascopie Les mots et les acteurs d’un monde plus durable jugés par les Français

[4] Cela pose la question de la situation stratégique des RH dans l’entreprise. sur ce point relire : Pourquoi la fonction RH n’est-elle pas stratégique ? et Les DRH sont-ils vraiment des partenaires stratégiques ?

[5] Relire sur ce point Living labs : territoires d’innovation et design participatif - Le design participatif pour des solutions adaptées à l’activité des communautés de pratique - Le Concept « Design Pour Tous »

[6] Voici quelques liens pour saisir la question de la réalité augmentée (« Systèmes informatiques qui rendent possible la superposition d’un modèle virtuel 3D ou 2D à la perception que nous avons naturellement de la réalité et ceci en temps réel - Différentes méthodes qui permettent d’incruster de façon réaliste des objets virtuels dans une séquence d’images. ») ; ou de la réalité mixte : Intervention hyperurbain.3 - Ville, réalité mixte et mondes virtuels (« la réalité mixte n’est pas celle de la représentation ou de l’exploitation des données. Ce sont les interactions, le partage d’expériences et d’émotions qui sont au centre de ce couplage socio-technique… L’hybridité de la ville peut s’envisager comme : conteneur modulable / contenant modifiable. »