McKinsey et l’Internet : vision partielle et d’opportunité… ?

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Vision d'internet

McKinsey et l’Internet : vision partielle et d’opportunité… ?

A écouter les relais d’opinions parlant « de croissance, poids dans l’économie, création d’emplois, moteur pour l’économie » … [1], l’étude McKinsey réalisée au cours du dernier trimestre 2010 viendrait à point nommer pour :

  • Réveiller les français en les rassurant sur le rôle d’internet dans la croissance française :
    • « La filière contribue à 3,7% au PIB de la France en 2010. En quinze ans, la Toile y a créé 700.000 emplois directs qui se répartissent à parts égales entre des sociétés dont internet est le coeur d’activités et des emplois correspondant à des fonctions en rapport avec internet dans des entreprises de tous les secteurs. »
    • « En 2009, Internet a apporté 60 milliards d’euros, soit 3,2% du produit intérieur brut (PIB). Pour 2010, ce chiffre est estimé à 72 milliards d’euros (3,7% du PIB) »
    • « Si la contribution d’Internet au PIB devrait atteindre 129 milliards d’euros en 2015, ce chiffre pourrait in fine se monter à 160 milliards au vu du potentiel français »
    • « La filière Internet pèse d’ores et déjà davantage que des secteurs clefs de l’économie française, comme l’énergie, les transports ou encore l’agriculture, en valeur ajoutée », selon Eric Hazan, directeur associé du bureau français de McKinsey.
  • Révéler aux entreprises les bienfaits d’internet :
    • 15 % les gains de rentabilité générés par l’intégration d’Internet, grâce à l’amélioration de leur chiffre d’affaires (nouvelles zones géographiques, nouveaux segments) et la réduction de leurs coûts (approvisionnement, réduction des dépenses marketing).… le taux de croissance moyen des entreprises intégrant fortement les technologies Web serait deux fois supérieur à celui des entreprises traditionnelles. Et elles exporteraient deux fois plus que les autres, 4 % du CA à l’étranger, contre 2,6 % pour les autres."
    • Alors que « seules 47 % des PME disposent d’un site Web, contre 80 % pour leurs homologues britanniques. »
    • « Un euro dépensé a généré 2 euros de marge opérationnelle » selon Jacques Bughin, directeur chez McKinsey à Bruxelles et chaque euro dépensé en marketing en ligne rapporte 2,5 euros de bénéfices
    • « 75% de la valeur ajoutée d’internet a été créé dans des entreprises qui ne sont pas des pure players du web. »
  • Secouer nos gouvernants pour qu’ils investissent encore et encore (nonobstant la situation des finances publiques Etat et Local) :
    • La « filière Internet » a contribué en 2009 et 2010 à 25 % de la croissance française. « Depuis l’an 2000, cette contribution s’est fortement accélérée. Elle était de 10 % au cours des quinze dernières années, et de 20 % sur la période 2005-2009 »
    • Surplus de valeur dégagé par Internet 10 milliards d’euros pour les utilisateurs en 2009 : 7 milliards pour l’usage services gratuits -messagerie, boîte mail, messagerie instantanée -, et 2,8 pour les économies réalisées du fait que les produits achetés sur le Web sont globalement moins chers"
    • « Insuffisance de l’investissement du secteur public. La contribution des dépenses publiques à la filière Internet (8 milliards) était, en 2009, deux fois plus modeste que la contribution des dépenses publiques à l’ensemble de l’économie (16 milliards). »

Sur la méthode :

  • Dans l’avant propos, McKinsey resitue le contexte de l’analyse  :
    • Considérer l’internet comme une véritable filière économique
    • Approche de quantification croisant les points de vue macro (valeur ajoutée et emploi) et micro-économique (impact sur les acteurs et mécanismes de création de valeur)
    • Instruments d’analyses nouveaux (quantifier le surplus de valeur pour l’internaute , indice d’intensité web des entreprises - le levier numérique, l’indice e3 pour mesurer la maturité numérique d’une économie nationale - e-ngagement, e-nvironnement, e-dépenses).
  • Quatre types d’activités observées  : les activités ayant le Web comme support -e-commerce, publicité en ligne… -, les télécommunications sur IP-FAI… -, la fabrication et maintenance de matériel informatique destiné au Web (PC, « smartphones », composants électroniques) -, les activités de services informatiques ayant une connexion Web.
  • Mesurer la « connectivité Internet » de la France et la comparer à celle des autres pays de l’OCDE . Cet indice mesure à la fois l’usage d’Internet (des particuliers, des entreprises et de l’administration), la qualité de l’infrastructure et de son débit, et les dépenses effectuées sur Internet (publicité, e-commerce).
  • L’étude ne prend pas en compte les effets collatéraux de l’arrivée de l’internet  : ventes qui se font sur le web ne se font plus en boutique, destruction de valeur et d’emplois dans certain de secteurs (musique, presse, édition, transports par exemple).
  • L’étude ne comprend pas les frais fixes déboursés pour l’accès Internet et la téléphonie mobile.
  • Vision partielle de l’internet  : Une vision économique plus large aurait été plus intéressante pour rendre compte du phénomène de numérisation de l’économie. comme le souligne l’article de 01 informatique McKinsey et l’Internet, une étude en trompe-l’œil
  • Une étude qui ne cerne pas l’incidence éventuelle des DSP (Délégation de Service Public) dans la création d’emplois locaux (hors la filière numérique)… Or s’il est important, au vu des sommes investies dans les DSP, d’avoir les incidences directes sur la filière numérique, il est tout aussi significatif de mieux mesurer l’incidence de l’internet sur l’activité et la création d’emplois nouveaux sur les filières existantes (sans se limiter aux fonctions internet de l’entreprise) et par là d’identifier le « coût / avantage d’un emploi nouveau résultant d’une DSP ».
  • Etude cofinancée par Google ce qui pose la question de l’indépendance de l’étude.

Voir en ligne : Télécharger l’étude McKinsey - mars 2011 : « Impact d’Internet sur l’économie française - Comment internet transforme notre pays »

le 14 mars 2011 par Redaction Wirkers
modifie le 14 mars 2011