Les télétravailleurs peuvent-ils êtres des acteurs d’influence et contribuer aux e-réputations ?

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Les télétravailleurs peuvent-ils êtres des acteurs d’influence et contribuer aux e-réputations ?


L’e-book "Influence et réputation sur l’Internet - À l’usage des managers désemparés" par Xavier de Mazenod - François-Bernard Huyghe (janvier 2010) aide à situer le sujet. A voir aussi Bibliographie et webographie sur la e-réputation

Les télétravailleurs salariés ou indépendants interviennent dans les processus de production de biens ou de services et à ce titre sont concernés par la e-réputation de leur employeur ou client.
La question ici est davantage, à l’aune de la lecture de l’ouvrage, de savoir si leur connaissance de l’internet et des pratiques numériques peut les inciter à agir en influenceur ou/et à gérer leur propre e-réputation.


Quelques extraits et repères en guise d’introduction à la lecture instructive de cet ouvrage proposé sous forme d’e-book.

Les plus :

    • Intérêt du rappel introductif sur les concepts et sur la recontextualisation du sujet dans notre époque numérique.
    • L’économie de l’attention - un point majeur : "plus l’information est surabondante, les canaux largement utilisés, plus la valeur naît de la capacité d’attirer ce fameux temps de cerveau humain. Le consommateur échange ce temps contre des services (messages personnalisés, alertes, recommandations) qui mènent indirectement à un acte d’achat. Une économie où tout ce qui permet d’obtenir recommandation, classement, référencement, se traduit en avantage compétitif."
    • « La quête du temps du cerveau humain » . Oui c’est une donnée de référence souvent traduite par une formule de principe : « au delà de quelques minutes on décroche » ou encore « un dessin vaut mieux qu’un long discours ».
    • Les limites du discours des communiquants et du marketing qui doivent envisager leur reclassement social.
    • « Les réseaux renversent les hiérarchies » . Oui c’est une donne désormais incontournable pour les managers.
    • « Les internautes maîtrisent parfaitement les fonctionnalités et la puissance de ce Web2, les entreprises beaucoup moins. » Oui le décalage est à l’origine de la faiblesse des systèmes de défense ou de contre-attaque des entreprises.

Les interrogations de lecture

    • Les Hommes d’influence ont toujours existé [1], les Femmes d’influence aussi.
    • Pourquoi avoir omis le rôle des Diasporas qui font le succès de certains réseaux voir de certains corporatismes, l’intégration de certaines collectivités dans des concerts d’influence…
    • On magnifie quelque peu les réseaux sociaux - c’est de mode. Mais quelle est leur réalité : des fonctions de carnets d’adresse aux mille items… des recommandations (le réseau d’amis) dont personne ne peut explorer la pertinence réelle, la fiabilité… des productions de 140 mots s’apparentant à des commentaires de forums certes témoin de réactivité mais bien souvent peu constructeur de contenus structurés et d’argumentaires [2] - [3].
    • Dommage peut-être d’avoir sous-estimé le rôle de la surprise et de l’éphémère dans les pratiques d’influence ; qui vont sans doute à contre-courant des effets de mode.
    • Il est bien d’utiliser des terminologies d’ambiance qui se voudraient une nouveauté : tribu, société civile, réseaux sociaux. Mais ce sont des concepts déjà anciens et presque de toutes les époques.
    • La réalité des égoïsmes et l’instabilité des engagements sont sous-estimées (Cf le travail de Jacques Ion [4]).
    • L’influence comme la réputation devraient davantage être reliées aux capacités / incapacités d’anticipations… et donc à une Vision d’avenir… à l’existence d’Horizons… à la Pérennité du message.
    • L’hybridation de l’information est un bon élément de l’analyse ; mais quelle pertinence d’une hybridation lorsque l’info sur le net notamment manque de rigueur, reflète la manie du copier coller sans respect pour quiconque.
    • On s’attendait à une analyse plus précise des rapports de force autour des questions d’influence et de réputation. Les exemples cités vont dans un seul sens : « la soumission » de l’entreprise aux rumeurs d’internet. C’est oublier que l’entreprise a d’autres atouts dans sa manche (cf l’attitude d’APPLE face aux explosions d’écran IPhone).
    • Le rapport entreprise-client est-il inversé par ces nouveaux comportements et cette expertise en influence développée par les internautes ?«  Oui la question est bonne, mais il ne faut pas donner trop à croire que l’expertise s’acquiert uniquement par une intégration d’informations en profusion sur le net. Il serait préférable de parler de »concurrence informationnelle«  : l’internaute et les compétences de l’entreprise pouvant se retrouver sur des données de référence communes ou divergentes, mouvantes disponibles sur le net. Où encore d’aborder le sujet en termes de »synergie informationnelle" débouchant par ex sur des pratiques de crowdsourcing.
    • « Influence et réputation sur l’Internet dépendants d’une opinion fragmentée, atomisée, davantage parcourue de courants changeants, les acteurs économiques ne peuvent pas déserter les nouvelles agoras. ». Le « Ne peuvent pas » semble excessif. Ce n’est pas forcément en allant sur ces terrains multiples que se gère une crise… Il peut y avoir intérêt à créer une « focalisation majeure » , un « nouveau centre d’intérêt »… soit dérivatif, soit « piégeant » en quelque sorte les internautes à leur propre jeu. En résumé, le « terrain de l’autre » n’est pas forcément la meilleure tactique.

Les pistes suggérées qu’il faudrait approfondir

  • Il est écrit : « L’information importante n’est plus celle qui est administrée en une fois et ex cathedra par un média prestigieux, mais celle qui est reprise, commentée, amplifiée par des circuits et réseaux incontrôlables. » Ne serait-ce pas plutôt du buzz, de la répétition, des effets de type rumeur ; plutôt qu’une qualification de l’information. Par contre cela peut traduire une perception de l’information par la société (y compris dans son volet émotionnel) interpellant l’entreprise : mais cela ne constitue pas forcément cette notion d’accréditation / légitimation de l’information (bien rappelée au début de l’e-book) justifiant un traitement, une réaction de l’entreprise. [5] .
    L’importance c’est La Une… et le décryptage associé ou à l’opposé l’info Rare, soit non vue, soit non resituée.
    Il faut faire attention à ne pas véhiculer une « dictature » de l’internet fruit d’une amplification par redondance d’informations… qui souvent ne sont que des éléments du puzzle.
  • Pertinence des réseaux sociaux dans les pratiques d’influence. Aujourd’hui, la plupart des informations courantes (celle en circulation publique comme celle dans de nombreuses sphères professionnelles) pêchent par 2 distorsions :
    • Beaucoup d’infos ne sont que du buzz (copier - coller d’autres sites, reprises de flux rss à tout và…)… la plupart du temps sans décryptage.
    • Sur le Télétravail, travail en réseau… il y a à la fois une focalisation sans doute excessive sur les termes et un effet « geek » [6]. En résumé, le télétravail n’a plus l’effet mode ou utopiste d’il y a quelques années, mais il reste prégnant et favorise des discours à la fois techniques ou « branchés » Aux télétravailleurs et travailleurs en réseau de positionner leur rôle dans ce contexte.
Voir en ligne : Retrouvez l’ouvrage : « Ebook Influence et réputation sur l’Internet - À l’usage des managers désemparés »
le 8 février 2010 par Redaction Wirkers
modifie le 9 février 2010

Notes

[1] J.Attali en avait même fait un livre sur la lignée des banquiers Warburg - Un Homme D’Influence. Sir Siegmund Warburg, 1902-1982

[2] C’est bien toute la différence entre les modes d’écriture d’internet et ceux traditionnels du roman ou de l’investigation propre à la presse écrite voir à la radio

[3] C’est un peu comme la blogosphère : concept qui compte le nombre de blogs ouverts et les « rétroliens », mais bien peu les contenus réels, actualisés et pérennes

[4] Le temps de l’engagement pluriel , Jacques Ion, Revue Sciences humaines hors-série N°39 déc 2002 / janv-fév 2003 Page 58

[5] On rejoint là un des travers, cause de la chute des ventes de journaux : la manie des journalistes de faire du copier / coller des dépêches AFP au lieu de redonner de la perspective, de l’investigation à l’information initiale à la dépêche.

[6] Wikipédia : « Le terme geek (/gik/, prononciation anglaise /giːk/) est un anglicisme désignant une personne passionnée, voire obsédée, par un domaine précis. Il s’emploie entre autres dans le domaine de l’informatique ainsi que dans celui de la science-fiction. Cependant, un amalgame est souvent fait à mauvais escient entre les personnes passionnés de hautes technologies (les technophiles) et les geeks en général. »

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