L’Avicca s’émeut : « Marche arrière des opérateurs sur 1.400 communes à fibrer, les contribuables ruraux sollicités » … Est-ce bien raisonnable ?

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L’Avicca s’émeut : « Marche arrière des opérateurs sur 1.400 communes à fibrer, les contribuables ruraux sollicités » … Est-ce bien raisonnable ?

Commentaires

Dans un article du 13 déc 2011, l’Avicca (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel) s’émeut de la marche arrière des opérateurs…

Depuis le fameux article 1425-1 du CGTT Tableau récapitulatif de présentation de l’article L.1425-1 du CGCT (cf aussi Avicca L.1425-1 du CGCT : un article fondateur, à perfectionner)… et plus généralement sur le déploiement des réseaux techniques numériques, on assiste à un jeu du chat et de la souris entre les opérateurs privés dominants et les collectivités empêtrées dans la logique culturelle, la performance technique de leur réseau d’initiative publique au regard de l’employabilité numérique de leurs concitoyens …

Les collectivités locales et les structures représentatives comme l’Avicca perdurent sur le modèle de déploiement du numérique dans une optique culturel technique des 19e et 20e à l’image des autres réseaux de desserte (fer, route, eau, gaz…).
Obnubilé par l’échelle des territoires géopolitiques (c’est un peu normal de par leur origine même, mais pas forcément adapté à notre monde numérique), ces acteurs ont du mal à concevoir qu’internet et le numérique est bien plus qu’un réseau technique.

C’est un monde acentré qui émerge… heurtant probablement nombre de référents culturels et politiques de ces acteurs.

  • Normal alors de considérer que les méchants, ce sont les opérateurs puissants qu’il faut faire plier par la régulation ou l’autorité de l’Etat… Est-ce bien raisonnable, envisageable, crédible ? Va-t-on reprocher à des acteurs économiques dominants d’activer leur modèle économique de rentabilité en prenant leur marché où il se trouve !
  • Normal encore que les élus aient du mal à voir que la création de valeur se déplace des réseaux techniques, vers les usages et les contenus… C’est Apple, Google ou Tupperware dans les modèles d’éco-systèmes performants du moment, qui achèteront un jour Orange, Covage, Sfr… pour 1 fr symbolique… ou via la guerre des brevets !
  • Normal aussi que leur seul argument soit de vous répondre « la poule et l’oeuf » … en somme qu’il faudrait les réseaux techniques avant les usages et les contenus !
  • Les certitudes ont la vie dure… Les élus devraient méditer davantage ce propos : « Le principal obstacle à la découverte… n’est pas l’ignorance, mais l’illusion de savoir » [2]
  • Et pourtant : la montée en puissance de l’usager consom’ et/ou product’acteur… que ce soit dans le champ des initiatives économiques, sociales, environnementales ou de gouvernance (les 4 piliers du développement durable !)… révélée notamment par les pratiques de mobilité, de géolocalisation… devrait donner des ailes à nos acteurs locaux… pour trouver les bonnes méthodes de l’action…
  • Et pourtant : les bons effets de levier existent. Mais de plus en plus on gouverne nos patelins par décret, par injonction, par incantation, par « la faute c’est l’autre » !
  • Et pourtant : Donner la main à l’usager pour déployer conjointement réseau, usages, contenus… est-ce si déraisonnable, improbable, inconcevable ? … L’usager / citoyen au niveau local ne serait-il compris que comme une cible par les acteurs locaux… rejoignant alors le moule culturel des opérateurs dominants dans leur façon de conduire des affaires ?
  • Et pourtant : le paradoxe est d’ailleurs à son comble, puisque deux politiques coexistent : l’une sur les réseaux techniques numériques à déployer dans une simple logique du dernier kilomètre… et l’autre émergente autour de l’open data qui prône le réusage des données publiques, dans des initiatives privées ou associatives… selon une approche bottom up… que l’on pourrait assimiler à celle du Premier Mètre des réseaux techniques…
  • Comment les acteurs locaux peuvent-ils : oublier que le point de départ de toute mobilité ou vie sociale… c’est le logement !
  • Comment peuvent-ils ne pas comprendre que : la valeur, la crédibilité, la performance, la réputation de « leur » territoire tiendra de plus en plus à l’employabilité numérique des habitants, usagers, arpenteurs de ce territoire exigeant notamment agilité, réactivité, adaptation, mobilité et pas seulement une question de taper sur un clavier ou manipuler un logiciel !
  • A l’heure des finances qui déchantent et des tours de vis qui s’annoncent : c’est cette employabilité locale qu’il faut démontrer et pas seulement « incanter ». C’est elle, qui peut s’affirmer, si on lui donne la main… C’est là que se situe la fracture culturelle entre des décideurs (publics ou privés, issus des mêmes cultures et filières de formation) et une société acentrée de flux numériques qui s’instillent partout… sans crier gare… C’est sur ce point que s’affirmeront la compétitivité et la crédibilité des territoires numériques.
    Faut-il alors « inverser » le raisonnement… OUI :) .
    C’est le rôle, et l’honneur d’un élu comme d’un fonctionnaire local de remettre le bel ouvrage en chantier… en décalant un peu ses habitudes et raisonnements… en retrouvant / justifiant probablement sa propre employabilité première :).

 
Voir aussi :



Lien proposé : L’Avicca s’émeut : « Marche arrière des opérateurs sur 1.400 communes à fibrer, les contribuables ruraux sollicités »

par Redaction Wirkers le 14 décembre 2011
modifie le 14 décembre 2011

Notes

[1] Les découvreurs par Daniel J Boorstin, Ed.Robert Laffont 1963.

[2] Les découvreurs par Daniel J Boorstin, Ed.Robert Laffont 1963.

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