3 dernières années de Facebook - Belle rétrospective de Fred Cavazza avec loyauté intellectuelle et lucidité

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3 dernières années de Facebook - Belle rétrospective de Fred Cavazza avec loyauté intellectuelle et lucidité

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Une rétrospective capable de conserver oeil critique et lucide avec suggestions, faites en loyauté intellectuelleplutôt rare dans les univers surfaits de valorisation-buzz de produits et services de la part de média, d’agences et d’experts qui vivent de Facebook.
Cela interpelle à nouveau sur l’intérêt pour certaines structures publiques d’être présentes sur ce type de réseaux sociaux, ce qui revient pour partie à en cautionner le fonctionnement, les limites voir les dérives bien soulignées par l’auteur de l’article cité.

Principaux repères de lecture

  • L’auteur resitue son article plutôt provocateur de 2007  : Pourquoi je ne crois plus en Facebook et renchérit : « Facebook est en ce moment à l’apogée de sa notoriété / visibilité : plus qu’une plateforme sociale, c’est devenu un véritable phénomène de société… Un succès partagé et amplifié par les médias… qui permet de remporter des statuettes aux Oscars, de remplacer les cinémas…, de sauver des vies…, d’en détruire d’autres… et même de renverser les dictateurs… »
    • Un brin de moquerie… et de rappeler les autres articles depuis ce premier aux noms évocateurs : Facebook et le syndrome du canard - Comment expliquer l’échec de Facebook ? - Facebook peut-il réussir son pari ? Peut-être… - Facebook va-t-il révolutionner le web - Facebook parviendra-t-il à relier monde réel et monde social ? - Après le web, Facebook veut dominer le mobile…
  • Une croissance spectaculaire et des améliorations bénéfiques
    • L’audience. Sous-évaluation du potentiel de croissance de Facebook : en 3 ans le service est passé de 55M à 600M d’utilisateurs. … sauf que il s’agit en fait de 600M de profils créés dont la moitié seulement est active.
    • La plateforme d’application. Les éditeurs se sont donc rués en masse sur cette plateforme qui propose maintenant près de 50.000 applications. Les pratiques de commerce en ligne sur Facebook gagnent en maturité).
    • Les widgets. Avec Facebook Connect et les Social Widgets, Facebook s’est petit à petit dilué sur un très grand nombre de sites web (près de 3 millions).… les annonceurs et éditeurs doivent plutôt construire leur propre couche sociale.
    • La mobilité. La version mobile de Facebook… un véritable levier de fidélisation.… manque cependant un soupçon de gameplay pour rendre la version mobile un peu plus fun.
    • L’offre publicitaire. De gros progrès… Ceci étant dit, le taux de clic reste particulièrement bas, du fait de l’utilisation qu’en font les membres.
  • Toujours les mêmes lacunes
    • Une viabilité incertaine malgré une valorisation délirante. « Comment une société qui vaut 75 milliards de $ peut-elle couler ?« … La valorisation de Facebook est faussée, car cette société n’est pas cotée en bourse. … se fait sur le marché gris, celui des investisseurs professionnels… La question de la viabilité reste donc entière : est-il opportun de miser toute sa stratégie de présence sur les médias sociaux sur une société dont on ne connait ni les bénéfices, ni la trésorerie, ni le niveau d’endettement ?
    • Des conditions d’exploitation instables. Les équipes de Facebook ont, en effet, pris l’habitude de changer les conditions d’exploitation très régulièrement.
    • Le (non) respect de la confidentialité. Naïveté des médias concernant Facebook et les données personnelles.
    • L’absence de contenus à valeur ajoutée. Dans les faits, Facebook est une coquille vide… Facebook n’est qu’un intermédiaire et un hôte pour les contenus et applications d’éditeurs tiers.… toute la valeur ajoutée de Facebook sur les profils des membres et leur graphe social.
    • La fiabilité des profils et la précision du ciblage comportemental. Les membres utilisent leur profil pour se valoriser socialement.…les mécaniques sociales déployées incitent les membres à créer le plus de connexions possible et à rejoindre le plus de groupes.… Comment cerner efficacement leurs besoins / contraintes / motivations / freins ?
    • L’absence d’appuis politiques. Certains pays comme le Canada, l’Allemagne ou l’Italie s’interrogent sur la gestion des données personnelles de leurs ressortissants. Cette gigantesque base de données de 600 millions de membres représente en effet une très lourde responsabilité, surtout pour une société privée financée par des capitaux russes.
  • En guise de conclusion F.Cavazza indique fort justement  : « libre à vous d’écouter l’avis d’agences et de soi-disant experts qui vivent de Facebook et n’ont aucun intérêt à remettre en question la pertinence d’une présence sur cette plateforme sociale. »


Lien proposé : Rétrospective sur les 3 dernières années de Facebook

par Redaction Wirkers le 12 mars 2011
modifie le 13 mars 2011
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